• Aug 18, 2025

Neurofeedback thêta/bêta : changements durables dans le TDAH

Nouvelles perspectives en neurosciences Points clés • Le neurofeedback thêta/bêta (TBR) entraine explicitement la baisse du thêta (≈ 3–6,5 Hz) et/ou l’augmentation du bêta (≈ 13,5–20 Hz) sur les régions fronto‑centrales afin de soutenir l’attention et l’inhibition. • Dans des études contrôlées, 30–40 séances produisent fréquemment des réductions significatives des symptômes du TDAH et des gains cognitifs, avec des signes de durabilité après la fin de l’entrainement. • Les mécanismes proposés — modulation dopaminergique et plasticité dépendante de l’expérience (LTP) — offrent une explication cohérente au fait que l’auto‑régulation apprise puisse perdurer au‑delà des effets pharmacologiques.

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Ce billet examine un manuscrit qui avance une thèse simple : entrainer le ratio thêta/bêta avec un neurofeedback basé sur l’ÉEG peut produire des améliorations durables de l’attention et du contrôle exécutif dans le TDAH. Les auteurs décrivent le TDAH comme un problème de régulation d’état, souvent lié à un déséquilibre oscillatoire — thêta élevé(rythmes lents, « au ralenti ») et bêta réduit (rythmes engagés par la tâche) — particulièrement sur les réseaux fronto‑centraux qui sous‑tendent la vigilance, la mémoire de travail et l’inhibition. L’approche TBR cible directement ce déséquilibre : diminuer le thêta et/ou augmenter le bêta pendant que la personne réalise des tâches simples mobilisant l’attention.

Pour les lecteurs découvrant le sujet : le biofeedback utilise des données physiologiques en temps réel (p. ex., variabilité de la fréquence cardiaque, conductance cutanée) pour aider à apprendre l’auto‑régulation. Le neurofeedback est une forme de biofeedback centrée sur l’activité cérébrale (souvent l’ÉEG). La personne reçoit un retour lorsqu’elle se rapproche d’une cible prédéfinie ; à force de répétitions, le cerveau « apprend » à stabiliser cet état.

L’ossature mécanistique du manuscrit est particulièrement convaincante. En renforçant des états dominés par le bêta(prêts pour la tâche) et en atténuant l’excès de thêta, l’entrainement répété mobiliserait la signalisation dopaminergique (modulant l’excitabilité et la synchronie dans les boucles préfronto‑thalamo‑corticales) et consoliderait les gains via la potentialisation à long terme (LTP) — la biologie classique de l’apprentissage. Ce cadre explique un motif clinique familier : des progrès qui s’accumulent progressivementcontinuent à se consolider après la dernière séance, et restent relativement robustes sans traitement continu.

À l’inverse, les psychostimulants offrent un soulagement rapide tant qu’ils sont actifs, mais n’enseignent généralement pas une compétence transférable ; les bénéfices régressent souvent à l’arrêt de la dose. Les auteurs ne positionnent pas le TBR contre la médication : ils le présentent comme une voie complémentaire qui peut soutenir une maitrise endogène et durable. Étant donné l’hétérogénéité du TDAH, l’individualisation du protocole (p. ex., choix des sites, des seuils, ou ajout de bandes adjacentes comme le SMR) reste importante, mais le TBR fournit un point de départ clair et ancré dans les mécanismes.

Nous détaillons ci‑dessous la mise en œuvre de l’entrainement, les changements typiquement observés et la façon de les exploiter au quotidien.


Méthodes

Ciblage du protocole

Le neurofeedback TBR vise deux bandes de l’ÉEG : thêta (≈ 3–6,5 Hz) et bêta (≈ 13,5–20 Hz). L’objectif est de réduire la puissance thêta et/ou d’augmenter la puissance bêta de sorte que le ratio thêta : bêta s’oriente vers un profil prêt pour la tâche. Les placements d’électrodes sont typiquement fronto‑centraux (ligne médiane et sites adjacents) afin d’engager les réseaux de l’attention soutenue et du contrôle cognitif.

Structure des séances et « dose »

Les blocs d’entrainement durent en général 30–60 minutes, à raison de 2–3 fois par semaine pendant 8–16 semaines, pour un total d’environ 30–40 séances. Au sein de chaque bloc, les participants reçoivent un retour visuel et/ou auditif en temps réel, contingent au respect de seuils prédéfinis par l’ÉEG instantané. À mesure que la performance se stabilise, les praticiens adaptent les seuils pour maintenir un niveau de défi optimal (ni trop facile ni décourageant), afin de préserver l’engagement et maximiser les signaux d’apprentissage.

Contexte des tâches

Les séances incluent souvent des tâches simples d’attention ou de mémoire de travail pour recruter les circuits cibles pendant que la boucle de feedback apprend au cerveau à habiter l’état souhaité. Les tâches ne sont pas l’ingrédient actif ; elles contextualisent la maitrise d’état, encourageant la généralisation vers les devoirs, la lecture et les activités quotidiennes qui exigent vigilance et inhibition.

Logique de renforcement

Le retour est délivré lorsque le motif ÉEG se déplace dans la direction souhaitée — p. ex., baisse du thêta et/ou hausse du bêta par rapport au niveau de base et aux seuils adaptatifs. Cette contingence immédiate fournit un signal d’enseignement de type erreur de prédiction qui façonne le comportement. Avec les répétitions, le cerveau apprend que maintenir l’état cible est gratifiant, ce qui facilite son rappel en dehors du cabinet.

Ossature mécanistique

Le manuscrit relie l’entrainement d’état à la biologie sous‑jacente. Côté dopamine, les voies D1/D2 modulent l’excitabilité et la synchronie dans les boucles préfronto‑thalamo‑corticales, facilitant l’expression du bêta lors des tâches et soutenant l’inhibition. Côté plasticité, le succès répété et contingent activerait les dynamiques NMDA/AMPA et les cascades CaMKII/CREB — la machinerie cellulaire de la LTP — pour consolider l’apprentissage aux synapses et aux épines dendritiques. Il ne s’agit pas de mimer une tétanisation électrique ; l’idée est que la pratique contingente à l’étatrecrute à répétition les assemblées neuronales engagées par la tâche, de sorte à exploiter la biologie de la LTP.

Évaluation des résultats

Les études résumées examinent : (a) les évaluations cliniques (inattention, hyperactivité/impulsivité) ; (b) la performance objective (vigilance, temps de réaction, mémoire de travail) ; et (c) la pérennité au suivi (semaines à mois). Certaines comparaisons aux psychostimulants situent le TBR comme alternative potentiellement non inférieure sur un cycle de traitement complet, avec des cinétiques d’amélioration différentes.

Limites et proximités

Si l’accent est mis sur le TBR ÉEG, des protocoles voisins (p. ex., renforcement du SMRmodulation douce de l’alpha lorsque l’anxiété co‑existe) sont mentionnés comme ajustements pragmatiques en clinique. Le manuscrit évoque aussi des données de neurofeedback IRMf en temps réel (rtfMRI‑NF) dans d’autres indications pour illustrer que l’entrainement d’auto‑régulation peut produire des changements au niveau des réseaux qui persistent au‑delà de l’entrainement actif.


Résultats

Symptômes cliniques

Dans des études contrôlées, les évaluations d’inattention et d’hyperactivité/impulsivité s’améliorent fréquemment au fil de l’entrainement, avec de nombreux rapports de maintien ou de stabilisation aux évaluations de suivi. Les courbes temporelles montrent généralement une accumulation graduelle des bénéfices, conforme à un modèle d’apprentissage de compétence plutôt qu’à un effet pharmacodynamique immédiat.

Performance cognitive

Les tâches objectives mettent souvent en évidence des gains en attention soutenue et en mémoire de travail. Certains jeux de données montrent des améliorations dès les 10 premières séances, avec des avantages plus marqués en fin d’entrainement ou au suivi, notamment chez les participants les plus en difficulté au départ — un motif compatible avec une dépendance à la dose et une consolidation.

Durabilité et transfert

Un point clé est le maintien après l’entrainement, suggérant que la capacité à ré‑évoquer l’état cible s’encode et devient plus accessible au quotidien. Les cliniques qui coachent de brefs “check‑ins d’état” — indices courts, yeux ouverts, avant les devoirs ou les transitions — rapportent un meilleur transfert dans la vie réelle.

Tolérance

Comparé aux psychostimulants (susceptibles de provoquer perte d’appétit, troubles du sommeil, variations tensionnelles, tics, ou activation anxieuse chez certains), le neurofeedback ÉEG est généralement bien toléré lorsqu’il est délivré par des cliniciens compétents avec un contrôle rigoureux de la qualité du signal. Les effets indésirables, lorsqu’ils sont rapportés, sont le plus souvent légers et transitoires (p. ex., fatigue, frustration si les seuils sont trop serrés) et se mitigent par l’ajustement du rythme et des seuils.

Limites

Tous les essais ne sont pas positifs ; l’hétérogénéité des protocoles, des échantillons et des mesures complique les synthèses. L’aveuglement et les attentes doivent être soigneusement gérés dans la conception et l’interprétation. Ces réserves plaident pour plus de standardisation lorsque c’est possible et pour un suivi à la fois subjectif et objectif afin d’autoriser des ajustements réactifs de protocole.


Discussion

Pourquoi le TBR a du sens en pratique

Si le TDAH comporte une difficulté de régulation d’état — tendance à l’hypo‑éveil (thêta) et difficulté à instaurer une synchronie prête pour la tâche (bêta) — alors entrainer ce ratio cible directement le goulet d’étranglement. L’intérêt n’est pas d’être anti‑médication ; c’est la promesse d’acquisitions qui persistent après la dernière séance.

Comment mettre en œuvre

  • Dose et cadence : viser ~30–40 séances2–3 fois/semaine pour maintenir l’élan d’apprentissage. Attendre des progrès graduels ; planifier des bilans (p. ex., aux séances 10–12) pour confirmer la trajectoire et affiner les seuils.

  • Ciblage : privilégier des montages fronto‑centraux pour engager les réseaux de l’attention et de l’inhibition. Assurer une gestion de l’artéfact (EMG, mouvements oculaires) afin que le « bêta » accru soit vraiment cortical, et non musculaire.

  • Conception des contingences : un feedback immédiat et intelligible. Ajuster les seuils de façon adaptative pour maintenir une zone optimale d’entrainement (~ 60–80 % de réussite par bloc), ce qui maximise l’engagement et les signaux d’apprentissage.

  • Architecture de transfert : associer l’entrainement à des pratiques brèves et contextualisées (p. ex., check‑ins de 60–90 s avant une tâche, respiration rythmée, micro‑pauses). Encourager les familles à ritualiser ces indices dans les routines de devoirs et les transitions.

Positionnement parmi les autres traitements

La médication peut être cruciale quand une stabilisation rapide est nécessaire ; la psychothérapie et les entrainements aux habiletés restent essentiels pour le comportement, l’organisation et la régulation émotionnelle. Le neurofeedback s’insère aisément dans cet écosystème en stabilisant la plateforme neuronale sur laquelle ces stratégies peuvent mieux fonctionner. Beaucoup de parcours sont du‑et‑et, pas ou‑ou : commencer/maintenir la médication pendant que l’entrainement en neurofeedback installe la compétence, puis réévaluer la dose après consolidation.

Interpréter la durabilité

Si l’entrainement recrute une synchronie médiée par la dopamine et se consolide via la LTP, il n’est pas surprenant que les bénéfices persistent voire croissent après la fin. C’est cohérent avec d’autres apprentissages (motricité, langue) où les assemblées neuronales se renforcent avec la répétition, et où des séances de rappel réactivent rapidement les traces existantes.

Où la prudence est utile

L’hétérogénéité des résultats reflète probablement des différences de fidélité de protocole, de profils des participants(âge, présentation du TDAH, comorbidités) et de choix des mesures. Pragmatique, cela plaide pour l’individualisation à partir d’hypothèses fonctionnelles claires (p. ex., inattention/hypo‑éveil prédominants → accent TBR ; hyperkinésie/sommeil perturbé → intégrer des blocs SMR ; anxiété associée → ajouter des éléments alpha). Suivre à la fois le comportement et la cognition, et fixer des points‑décision si la progression plafonne.

Note interprétative

Le fil conducteur est l’acquisition d’une compétence. En récompensant le cerveau lorsqu’il occupe un état prêt pour la tâche, le TBR construit une maitrise endogène des réseaux mis en difficulté dans le TDAH. Ce modèle explique la montée progressive, le maintien post‑entrainement et la généralisation sélective : l’apprentissage est spécifique à ce qui est pratiqué, et se traduit d’autant mieux que le transfert est délibérément conçu.


La perspective de Brendan

De la nouveauté et des mécanismes qui comptent vraiment.
Trop d’articles sur le neurofeedback mentionnent l’« apprentissage » sans préciser quelle partie du protocole fait quoi, pourquoi, et comment cela s’aligne avec la biologie connue. Ce que j’apprécie ici, c’est l’exigence de spécificité mécanistique : si nous ciblons le TBR, nous ne poursuivons pas de jolis spectres — nous cherchons à déplacer le point de fonctionnement des boucles préfronto‑thalamo‑corticales vers une synchronie dominée par le bêta, tout en rabattant un thêta lié à l’hypo‑éveil. Cela implique une cascade : modulation dopaminergique de l’excitabilité et de la synchronie ; recrutement des réseaux de la tâche sous contingence ; stabilisation via la plasticité synaptique (LTP) et une consolidation à l’échelle des systèmes.

Les mécanismes, ce n’est pas du glaçage académique — c’est notre cahier des charges. Quand le « bêta augmente » pendant l’entrainement, je veux savoir  (le site), dans quel contexte comportemental, et avec quels contrôles d’artéfacts. Si ce bêta est surtout fronto‑central et émerge pendant qu’un enfant maintient son attention sur une tâche riche en indices — et si le signal est propre — je peux légitimement dire que nous engageons le circuit visé. Si le « bêta » grimpe quand la mâchoire se crispe, c’est de l’EMG, pas du cortex. Les mécanismes nous obligent à garder le protocole honnête.

Aligner mécanismes et décisions cliniques aiguise la pratique.

  • Si inattention/hypo‑éveil dominent, un TBR (thêta↓/bêta↑) est un premier choix logique. Je place des électrodes sur la médiane/préfrontale (p. ex., proches de Fz/Cz) et je construis des contingences qui récompensent une implication stable, yeux ouverts.

  • Si impulsivité/hyperkinésie ou dysrégulation du sommeil dominent, j’intègre des blocs SMR (12–15 Hz) pour renforcer l’inhibition sensori‑motrice et la régulation thalamo‑corticale.

  • Avec anxiété associée, je peux insérer de courts segments d’alpha‑haut (ados/adultes, yeux fermés, calme focalisé) pour créer une base d’atterrissage avant le TBR — un sur‑arousal sabote l’acquisition du bêta.

  • Chez des ados à fragilité exécutive et auto‑efficacité fragile, j’installe le succès très tôt (seuils plus larges, récompenses plus immédiates) pour garder dopamine et erreur de prédiction de notre côté.

Voilà la nouveauté dont la littérature a besoin : un chaînage clair phénotype → cible ÉEG → hypothèse réseau → paramètres de protocole → trajectoire attendue. Quand les auteurs annoncent d’emblée : « Nous avons ciblé le TBR sur [sites] car nous posions une sous‑recrutement des réseaux fronto‑pariétaux de l’attention ; nous avons prévenu l’EMGpar [mesures] ; nous attendions une montée lente avec consolidation post‑entrainement », ils rendent leur essai non seulement réplicable, mais exécutable en clinique.

Durabilité vs pharmacologie.
Les familles demandent souvent : « Pourquoi le neurofeedback prend‑il des semaines quand le médicament agit tout de suite ? » Ma réponse : parce que nous entrainons une compétence. Les stimulants agissent comme un projecteur — ils éclairent la scène maintenant — mais ils n’enseignent pas de nouvelles répliques à l’acteur. Le neurofeedback, c’est la répétition : une pratique contingente et répétée qui inscrit de nouvelles répliques en mémoire et ajuste le tempo, pour que l’acteur joue sous des éclairages changeants. Le compromis est clair : la médication donne un soulagement rapide, le neurofeedback vise un contrôle durable.

Cela ne fait pas un jeu à somme nulle. En début de parcours, la médication peut stabiliser la piste — sous réserve du sommeil, de l’appétit et de l’anxiété — afin que l’entrainement progresse sans turbulences. Quand la régulation d’état devient auto‑évocable, on réexamine si la même dose est encore nécessaire. Beaucoup de trajectoires sont du‑et‑et, pas ou‑ou.

Il faut aussi reconnaitre que les médicaments peuvent remodeler la neurobiologie au fil du temps — parfois pour le meilleur, parfois neutre, parfois problématique selon le contexte, la dose et la durée. C’est ici que j’inviterais à votre analyse approfondie des effets neurobiologiques à long terme de l’exposition aux psychostimulants — [INSÉRER LE LIEN : billet sur la neurobiologie induite par la médication]. Ma position clinique est pragmatique : si un enfant coule, on jette une bouée (médication). Mais on apprend aussi à nager (neurofeedback) pour qu’il atteigne le rivage sans la bouée, un jour.

Construire le transfert (l’art qui fixe la science).
La durabilité n’est pas magique : elle dépend d’une pratique spécifique, d’une dose suffisante, et d’un transfert planifié. Mes habitudes à fort rendement :

  1. Micro check‑ins (60–90 s) : avant les devoirs, aux transitions en classe ou avant le sport ; ré‑évoquer l’état entrainé (focus yeux ouverts, mâchoire détendue, respiration stable) et commencer la tâche dans l’état.

  2. Ritualiser les indices : une phrase (« trouve ton bêta »), un repère visuel (post‑it), ou un indice tactile (main sur le bureau) qui ancre le rappel d’état.

  3. Protéger la fenêtre de sommeil : la consolidation dépend du sommeil ; on avance les séances si les soirées sont trop stimulantes.

  4. Coaching parental : valoriser le processus (« tu as trouvé ton focus ») plutôt que le seul résultat ; lier les récompenses à l’usage visible de la stratégie.

  5. Logique de rappel : prévoir 1–3 séances de rappel à 4–8 semaines post‑parcours pour rafraichir les traces et renforcer le transfert.

Les leviers de qualité qui distinguent “correct” d’“excellent”.

  • Hygiène du signal : gérer vigoureusement les artéfacts EMG et oculaires ; enseigner une posture faciale détendue ; vérifier que les « gains bêta » ne sont pas musculaires.

  • Seuils adaptatifs : maintenir un taux de réussite dans la zone optimale ; ajuster par bloc, pas seulement par séance.

  • Couplage aux tâches : apparier le contexte du feedback aux exigences réelles (lecture pour les lecteurs, séries de calculs pour les devoirs de math).

  • Mesures écologiques : suivre les minutes sur‑tâche, la latence de démarrage des devoirs, et l’initiation de tâche rapportée par les enseignants — pas uniquement des tests de labo — pour détecter le transfert.

Ce que j’aimerais voir explicité dans les futurs articles.

  • Liens mécanisme‑paramètres : si l’on invoque dopamine/LTP, préciser comment les seuils, la durée des blocs ou les régimes de renforcement ont été choisis pour exploiter ces mécanismes.

  • Cartographie a priori des phénotypes : préciser qui devrait bénéficier (p. ex., profil inattentif, TBR de base élevé) et qui pourrait moins répondre.

  • Stratégie anti‑artéfacts : détailler les contrôles et vérifications pour protéger la spécificité.

  • Plan de transfert : décrire les routines maison/école enseignées ; la durabilité en dépend.

  • Courbe de maintenance : rapporter des suivis (p. ex., 1, 3, 6 mois) avec échelles et indicateurs écologiques.

Bref : le champ n’a pas seulement besoin de plus d’ECR, il a besoin d’ECR lisibles par la cliniqueéclairés par les mécanismes. Publier ainsi, c’est non seulement démontrer que le neurofeedback fonctionne, c’est montrer comment le faire fonctionner de manière fiable.


Conclusion

Le neurofeedback TBR se comprend le mieux comme une acquisition de compétence pour l’attention et l’inhibition. Sa logique — réduire le thêta lié à l’hypo‑éveil, augmenter le bêta prêt‑tâche, consolider via la plasticité — s’aligne sur les défis centraux du TDAH et explique pourquoi les bénéfices persistent souvent après les séances. La médication reste un outil puissant pour un soulagement immédiat, mais le neurofeedback offre une voie vers l’autonomie : la capacité à ré‑évoquer un état stable et attentif au moment opportun.

En clinique, la réussite repose sur la fidélité (signal propre, seuils réfléchis), la dose (~30–40 séances), et le transfert(micro check‑ins, routines familiales, métriques écologiques). Attendez des gains graduels, préparez des rappels, et individualisez (p. ex., segments SMR ou alpha) selon la présentation. Mené ainsi, le TBR passe du prometteur au transformateur — non pas parce qu’il évite l’effort, mais parce qu’il le récompensemoment contingent après moment contingent.

À retenir : entrainez le ratio qui correspond au goulet d’étranglement, protégez le signal, et concevrez le transfert. C’est ainsi que le neurofeedback transforme une attention fugace en compétences qui durent.


Références

Shaan, M., & Shain, D. (2024). Theta/beta-ratio neurofeedback training: a better long-term solution for attention-deficit/hyperactivity disorder.

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