• Oct 20, 2025

Alors, vous voulez devenir praticien en neurofeedback ? Comment choisir votre organisme de formation

*La perspective de Brendan* Points clés : • Tous les programmes de formation en neurofeedback ne se valent pas ; beaucoup utilisent un langage trompeur pour donner une impression de légitimité qu’ils n’ont pas. • Une véritable formation exige une accréditation indépendante, une supervision et une transparence quant aux qualifications des enseignants. • Les termes marketing comme « suit les standards de la BCIA » ou « certification en neurosciences et neurofeedback » ne sont pas des titres reconnus. • Méfiez-vous des programmes longs et coûteux qui promettent une « certification » après des années de fidélité et des milliers d’euros dépensés. • Un apprentissage authentique du neurofeedback suppose une exposition à plusieurs mentors, perspectives et écoles de pensée — et non une allégeance aveugle à un seul système.

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Vous avez découvert le neurofeedback et souhaitez en faire votre métier. Excellente idée — vous êtes sur le point d’entreprendre une aventure aussi passionnante qu’exigeante ! Notre domaine a besoin de professionnels curieux, bienveillants et rigoureux, qui prennent la science au sérieux. Mais dès que vous commencerez à chercher où vous former, vous serez submergé par un flot de promesses : certaines sincères, d’autres savamment rédigées pour paraître crédibles, tout en n’offrant que de la poudre aux yeux.

De nombreux programmes profitent de l’intérêt croissant pour le neurofeedback en se présentant comme « reconnus internationalement » ou « alignés sur la BCIA ». Spoiler : personne d’autre que la BCIA n’est accrédité, et la plupart de ces soi-disant « experts renommés » sont totalement inconnus dans le milieu. Leurs formations n’offrent ni la rigueur académique ni la supervision clinique requises pour une pratique sécuritaire. Leurs sites regorgent de mots séduisants — science, éthique, certification, confiance, excellence — mais lorsqu’on gratte un peu, les fondations s’effondrent.

Pire encore, certaines de ces institutions reposent sur un modèle économique prédateur : elles retiennent leurs étudiants — parfois des clients vulnérables ou leurs proches — dans leur écosystème pendant des années, leur soutirant des milliers d’euros à travers des « niveaux » et « spécialisations » successifs. Chaque nouveau paiement s’accompagne de la même promesse : encore un cours, et cette fois, vous serez enfin reconnu. Encore un investissement, et vous serez enfin légitime. Spoiler : la reconnaissance n’arrive jamais. Les seules entités compétentes pour certifier sont les associations indépendantes et évaluées par les pairs. La légitimité vient de l’intérieur : lorsque vous êtes fidèle à ce que vous savez, à ce que vous ignorez, et à vos valeurs. La seule chose qui croît avec ces pratiques prédatrices, c’est la facture.

Cet article est un guide pour distinguer la substance du spectacle. Car si vous souhaitez vraiment aider les gens, vous méritez une formation aussi rigoureuse que la science que vous espérez pratiquer.


Le piège du langage : comment les mots servent à tromper

Commençons par les mots. Dans le monde de la formation en neurofeedback, la terminologie est souvent choisie avec soin pour induire en erreur. Vous pouvez lire des expressions comme :

  • « Suit les standards de la BCIA »

  • « Reconnu par des associations internationales »

  • « Certification en neurosciences et neurofeedback »

  • « Partenaire de telle ou telle association / organisme sans but lucratif »

Tout cela semble impressionnant — jusqu’à ce qu’on remarque ce qui manque réellement.

Suivre les standards de la BCIA signifie simplement qu’un programme prétend s’inspirer du contenu de la BCIA, et non qu’il a été examiné, approuvé ou accrédité par celle-ci. L’accréditation BCIA est un processus indépendant garantissant que le programme, les enseignants, les évaluations et même la communication respectent des normes éthiques et scientifiques internationales rigoureuses. Tout le reste n’est que théâtre marketing.

Prenons un exemple concret, tiré d’un site Internet d’une personne vendant sa « méthode » de biofeedback et de neurofeedback déposée comme marque :

« Notre expérience professionnelle exceptionnelle dans le domaine nous a permis de devenir des leaders reconnus au Canada dans le domaine de la santé fonctionnelle et cognitive, tant chez les enfants que chez les adultes. Notre expérience en neurofeedback et en biofeedback nous a permis de réaliser des milliers d’interventions avec le soutien d’équipes de professionnels formés dans diverses universités canadiennes. »

Voici mes pensées intérieures quand je lis cela :

  • « Expérience professionnelle exceptionnelle dans le domaine »… D’accord, mais quelqu’un peut-il m’expliquer ce que cela signifie concrètement ? Surtout quand aucun CV n’est fourni, qu’aucune accréditation ou certification n’est mentionnée, et qu’il n’y a aucune trace d’une véritable expérience (professionnelle ou autre).

  • « Leaders reconnus au Canada » : reconnus par qui, exactement ? Et selon quels critères ? Là encore, aucun CV, aucune accréditation, aucune publication scientifique, aucune affiliation universitaire.

  • « Dans le champ de la santé fonctionnelle et cognitive » : c’est littéralement la définition la plus large possible d’un contexte d’intervention. Concrètement, sur quoi travaillez-vous ? Sur tout et n’importe quoi ?

  • « Chez les enfants et les adultes » : donc, non seulement vous faites tout, mais vous le faites pour tout le monde (et n’importe qui). Avec quelles qualifications ? Sous quelle supervision ? Cela me met franchement mal à l’aise.

  • « Des milliers d’interventions » : pouvez-vous le documenter ? Donner des dates précises, des informations vérifiables ? Pour citer mon Barry Sterman intérieur : montre moi les données.

  • « Avec le soutien d’équipes de professionnels formés dans diverses universités canadiennes » : quelles équipes ? Quelles universités ? Sans noms, sans institutions, sans références, tout cela reste invérifiable.

Tout cela n’est que théâtre marketing : du flou, des miroirs et de la fumée, du remplissage sans contenu réel. Aucune information concrète, simplement du vent.

Le même site cite également l’« AFBN », l’Association Francophone de Biofeedback et de Neurofeedback. Spoiler : elle est aujourd’hui dissoute ; pour toutes fins pratiques, elle n’existe plus. Pourtant, certaines institutions continuent d’utiliser son nom pour donner l’impression d’un partenariat ou d’un soutien officiel. Ce n’est pas un partenariat : c’est une tentative de maquiller une fraude en crédibilité. (Je sais que l'Halloween approche 👻, mais tout de même : il s’agit ici de la santé et du bien-être des gens, pas de gamins criant « bêtise ou friandise ! »).

Et puis, il y a la cerise sur le sundae : la fameuse « Certification en neurosciences et neurofeedback » et autres absurdités déposées. Cela sonne officiel, certes, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Ces personnes sont-elles accréditées pour certifier d’autres professionnels ? (Spoiler : non.) Le prétendent-elles quand même ? Oui. Ce qu’elles vous remettent après un long parcours de stages coûteux et de supervision non qualifiée (des milliers d’euros, parfois) n’est rien d’autre qu’un certificat commercial de participation — un bout de papier imprimé par la même entité qui vous a vendu la formation. Ce n’est pas une certification ; c’est de l’auto-promotion. Ne tombez pas dans le piège.


Le mythe de « l’institut certifié »

De nombreux organismes de formation jouent sur les mots : ils prétendent que leurs programmes sont « certifiés » parce qu’ils détiennent un label d’organisme de formation agréé. Soyons clairs : il s’agit d’une reconnaissance administrative pour les entreprises proposant de la formation (QUALIOPI) — pas d’une accréditation scientifique, clinique ou académique. Cela confirme que la gestion de la formation est en règle, pas que le contenu neuroscientifique enseigné soit valide.

Encore plus préoccupantes sont les « certifications de marque » internes — ces badges pompeux tels que "Neurothérapeute integrative certifié™ ou "Praticien certifié en neuroscience et neurofeedback™". Ces titres ne sont ni réglementés, ni évalués par des pairs. Ils existent uniquement comme outils marketing conçus pour briller sur les réseaux sociaux. Leurs détenteurs pensent souvent avoir obtenu une reconnaissance, alors qu’en réalité, ils ont acheté une identité commerciale… très coûteuse.

Certains programmes vont encore plus loin, en mettant en place des parcours de plusieurs années destinés à maintenir la dépendance des étudiants. Ils promeuvent des « niveaux », des « spécialisations avancées » ou des « titres exclusifs » qui nécessitent des réinscriptions successives. La promesse est toujours la même : prestige, communauté, et illusion d’expertise — à condition de continuer à payer. Ce n’est pas du mentorat, c’est de la manipulation monétisée.


L’illusion du programme

Un bon organisme de formation publie l’intégralité de son programme, les objectifs pédagogiques et les qualifications des formateurs. Vous devriez savoir exactement qui vous enseigne, ce qu’ils enseignent, où ils ont été formés et sous quelle supervision ils travaillent.

Pourtant, certains établissements entretiennent volontairement le flou. Ils se contentent de phrases vagues comme :

  • « Modules dispensés par les membres de notre faculté de formation »,

  • « Cours basés sur les neurosciences »,

  • ou encore « Recherche appliquée sur l’optimisation cérébrale ».

Mais aucune liste de cours, aucune bibliographie, aucun plan de supervision clinique n’est disponible.

Posez-vous la question : si un organisme prétend valoriser la transparence et l’éthique, pourquoi les diplômes de ses enseignants sont-ils cachés derrière des titres flous comme formateur, expert ou coach en neurofeedback ?


Signaux d’alerte : reconnaître les programmes pseudo-académiques

Soyez vigilant envers tout organisme de formation qui :

  • utilise l’expression « suit les standards de la BCIA » au lieu de mentionner des formateurs réellement certifiés BCIA ;

  • cite des associations disparues ou inventées pour paraître « internationalement connecté » ;

  • délivre sa propre « certification » au lieu de préparer ses étudiants à une accréditation indépendante comme la BCIA ;

  • promet une « compétence clinique » en quelques jours ou semaines ;

  • met en avant le charisme ou la notoriété de son fondateur plutôt que la supervision et la rigueur scientifique ;

  • encourage les engagements financiers à long terme sous couvert de « niveaux avancés » ou de « parcours exclusifs » ;

  • décourage les formations extérieures ou les mentorats diversifiés, exigeant une loyauté à un seul système ;

  • propose une « certification en ligne à votre rythme » sans expérience clinique supervisée — ce qui est une impossibilité éthique ;

  • rassemble plus de 50 personnes par session (au-delà de 20 en présentiel, 10 en virtuel, on n’apprend plus, on paie pour être noyé dans la masse) ;

  • met en avant son « adhésion » ou son « soutien » à l’AAPB, l’ISNR ou la BCIA comme gage de légitimité : acheter une adhésion ou un sponsoring ne constitue pas une reconnaissance officielle.

Un bon réflexe : vérifiez directement sur les sites de la BCIA, de l’AAPB et de l’ISNR. Si vous ne trouvez pas ce qui est mentionné, c’est que cela n’existe probablement pas. Et n’hésitez pas à contacter ces associations : elles regorgent de professionnels bienveillants prêts à vous aider.

Souvenez-vous : si un organisme vous fait signer un contrat d’exclusivité pour la supervision ou la formation continue, vous n’entrez pas dans une école — vous entrez dans une secte.


Comment choisir une formation légitime

Un organisme de formation crédible en neurofeedback :

  • est accrédité BCIA, et prépare explicitement à cette certification, tout en précisant si vous êtes éligible ou non ;

  • affiche clairement les diplômes, l’expérience et le rôle de chaque enseignant ;

  • intègre des stages pratiques supervisés par des professionnels certifiés, avec feedback structuré ;

  • propose des lectures scientifiques évaluées par les pairs, des discussions de cas et des évaluations régulières ;

  • favorise la supervision et le mentorat éthique, sans enfermer les étudiants dans des contrats d’exclusivité ;

  • pratique des tarifs justes et transparents, sans niveaux infinis ni paiements obligatoires pour « progresser » ;

  • encourage la diversité des approches, l’ouverture à plusieurs écoles de pensée et la collaboration entre pairs.

Une véritable formation en neurofeedback repose sur la pluralité : apprendre auprès de plusieurs experts, comparer, réfléchir, et développer sa propre compréhension critique du fonctionnement cérébral.

La loyauté aveugle à un « gourou », une méthode ou une marque est l’antithèse de la science.

Cherchez des écoles et des mentors qui publient leurs affiliations, références et travaux. Si un institut utilise des formulations ambiguës, des techniques de vente ou des titres auto-attribués pour impressionner, c’est un signal clair pour partir.


La (méta)perspective de Brendan

J’ai passé des années à superviser et à accompagner des professionnels désireux d’intégrer ce domaine avec sérieux : infirmiers, psychologues, éducateurs, coachs… Beaucoup arrivent désillusionnés, découvrant que leur « certification » précédente ne valait pas plus que le papier sur lequel elle était imprimée.

Une formation solide en neurofeedback est exigeante, humble et profondément gratifiante. Elle vous pousse à remettre en question vos certitudes, à comprendre la neurophysiologie derrière chaque protocole et à pratiquer sous supervision jusqu’à ce que la compétence engendre la confiance.

Les meilleurs étudiants que j’ai formés ont tous eu un moment où ils ont voulu abandonner. Ceux qui ont persévéré ne le regrettent jamais.

À l’inverse, les programmes qui vous maintiennent attachés financièrement pendant des années mesurent le progrès en paiements, pas en compétences. Ce ne sont pas des enseignants — ce sont des entrepreneurs. Ils ne forment pas des praticiens ; ils cultivent la dépendance.

Si vous souhaitez véritablement aider les autres, exigez plus de votre formation. Cherchez plusieurs mentors. Travaillez avec plusieurs superviseurs. Assistez à différents ateliers. Comparez, questionnez, réfléchissez.

L’éducation, la vraie, est multiple — c’est ainsi que votre cerveau, et notre domaine, deviennent plus solides.

Parce qu’en neurofeedback, l’intégrité n’est pas une marque : c’est la base.


Conclusion

Le parcours vers le métier de praticien en neurofeedback doit commencer dans la curiosité et l’intégrité, pas dans la confusion ou la tromperie. Votre organisme de formation détermine non seulement vos compétences, mais aussi la réputation du champ que vous rejoignez.

Lorsque vous évaluez une école, posez-vous la question :

M’enseigne-t-on à penser de manière critique, ou simplement à payer fidèlement ?

La réponse définira le professionnel que vous deviendrez.

Car dans ce métier, le cerveau — et la confiance de ceux qui viennent vous voir — mérite la vérité.

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