- Oct 20, 2025
Comment choisir votre praticien en neurofeedback
- Brendan Parsons, Ph.D., BCN
- Neurosciences, Guides pratiques, Neurofeedback
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Préface
Cet article est le premier d’une série de deux. Si le sujet vous intéresse, consultez aussi :
J’ai publié plusieurs billets d’opinion dernièrement, car on m’a souvent demandé de partager mes réflexions et mes ressentis (ce que j’ai fait sans trop de retenue, comme dirait ma petite sœur canadienne : « désolé, mais pas désolé »). Ces sujets sont essentiels. Mais je reviendrai bientôt à la science — à ces choses qui nous passionnent tous.
Le neurofeedback s’est énormément développé ces dernières années. À mesure que la notoriété augmente, le nombre de personnes offrant des services de neurofeedback s’accroît aussi. Malheureusement, tous ne sont pas qualifiés — et cela peut mener à de la confusion, des déceptions, voire à du tort.
Dans cet article, nous verrons comment identifier les praticiens compétents et bien formés, et comment éviter ceux qui exagèrent ou déforment leur expertise. Nous examinerons ce que signifie réellement une formation et une supervision sérieuses, quand le neurofeedback est — et n’est pas — approprié, et nous décrypterons le langage marketing que certaines organisations utilisent pour masquer l’absence de véritables accréditations.
Comprendre ce qui fait un praticien qualifié
Un praticien compétent en neurofeedback possède des connaissances approfondies en neurosciences, physiologie et psychologie. Il devrait détenir un diplôme universitaire pertinent dans le domaine de la santé ainsi qu’une certification telle que celle de la BCIA (Biofeedback Certification International Alliance) — actuellement la seule certification reconnue au niveau international et la référence du domaine. Demandez à n’importe quel professionnel sérieux : aucune autre « certification en neurothérapie » ne compte.
Une formation complète comprend :
des cours en neuroanatomie, psychophysiologie et théorie de l’apprentissage ;
une expérience clinique supervisée sur des cas réels ;
un engagement dans la formation continue et le mentorat professionnel.
Si votre praticien peut décrire clairement son parcours de formation et de certification — et fournir des preuves de supervision active — c’est un très bon signe.
Un vrai professionnel sait également que le neurofeedback n’est pas une intervention de première ligne pour tout le monde. Pour certaines personnes, ce n’est pas l’outil le plus approprié ; pour d’autres, il peut offrir un bénéfice limité. Les praticiens compétents savent évaluer quand le neurofeedback est indiqué et quand il vaut mieux orienter vers un autre professionnel — psychothérapeute, psychiatre ou neurologue.
Soyez extrêmement méfiant envers ceux qui disent : « il vous faut simplement plus de séances. »
Signes d’alerte : quand être prudent
Malheureusement, certains individus entrent dans le domaine par des raccourcis. Soyez vigilant envers les praticiens qui :
proposent du neurofeedback après un simple stage de week-end ou une formation en ligne non supervisée. L’apprentissage à distance est utile, mais il doit être validé « en direct », en supervision individuelle ;
refusent de divulguer leurs diplômes, certifications ou ceux de leur superviseur ;
vendent des protocoles « exclusifs » ou « brevetés » sans aucune validation scientifique (rappelez-vous : publier ou périr) ;
promettent des résultats instantanés ou affirment pouvoir traiter toutes les conditions possibles.
Le neurofeedback est un outil puissant, mais il n’est pas magique. Ceux qui le présentent comme une solution miracle ne comprennent ni la science ni l’éthique de notre pratique.
L’illusion de crédibilité : l’art du langage trompeur
L’un des phénomènes les plus préoccupants du domaine est l’usage délibéré d’un langage manipulateur pour donner l’illusion de légitimité. Certaines institutions utilisent des sites web sophistiqués et un ton assuré pour paraître officielles — tout en évitant soigneusement toute accréditation indépendante.
Voici quelques exemples de manipulations linguistiques qui devraient éveiller votre vigilance :
« Suit les standards de la BCIA » vs. « Accrédité / certifié BCIA » : prétendre « suivre » les standards n’est pas équivalent à les satisfaire. Cela signifie imitation sans vérification. La BCIA ne soutient ni ne reconnaît aucun programme se réclamant simplement de ses standards.
« Membre de l’ISNR ou de l’AAPB » ou « soutient la BCIA, l’ISNR ou l’AAPB » : acheter une adhésion ou un parrainage d’entreprise n’équivaut pas à une reconnaissance. Être membre de ces organisations est une bonne chose — mais cela ne valide pas la compétence. Tout le monde peut adhérer (et vous devriez aussi !), mais ce n’est pas une accréditation.
« A étudié les neurosciences » : suivre un cours ou lire des articles n’est pas l’équivalent d’un diplôme reconnu. Une vraie formation scientifique exige des années d’études formelles et de recherche supervisée.
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Certifications internes imitant les vraies accréditations : des titres comme Practicien certifié™ ou Neurothérapeute intégrative™ sonnent officiels, mais ne sont que du marketing interne, pas une validation indépendante.
Comme je le dis souvent : un concessionnaire automobile ne délivre pas de permis de conduire ; votre centre de formation ne devrait pas non plus vous « certifier » lui-même.
Ce genre de brouillard linguistique piège à la fois les futurs praticiens et les clients vulnérables. Il brouille la frontière entre marketing et science, entre aspiration et tromperie.
Si un programme ou un praticien utilise ce type de formulation — sans mention claire d’une accréditation BCIA vérifiable ou d’une supervision indépendante — partez.
Comment vérifier la crédibilité en 60 secondes
Consultez le site de la BCIA (www.bcia.org) : la BCIA tient à jour la liste officielle des programmes accrédités et des praticiens certifiés. Si un nom n’y figure pas, il n’est pas reconnu, peu importe ce que dit la publicité.
Demandez la documentation : un praticien légitime peut montrer son certificat BCIA et fournir les coordonnées de son superviseur.
Vérifiez les partenaires : si un organisme mentionne un « réseau » ou une « association », assurez-vous que celle-ci existe vraiment et soit indépendante.
Cherchez la transparence : si vous ne trouvez pas d’informations claires sur les accréditations, ou si le site regorge de mots comme « inspiré par », « conforme à », « représente », vous êtes face à de la poudre aux yeux.
Et les praticiens sans diplôme d’État ?
Tous les praticiens compétents ne possèdent pas nécessairement une licence d’État ou un diplôme universitaire formel. (Et inversement, toutes les personnes diplômées ne sont pas compétentes — c’est un autre problème.)
Certains viennent d’horizons alternatifs ou d’expériences de vie riches — et, lorsqu’ils se forment sérieusement, ils peuvent offrir un travail éthique, sûr et efficace.
Pour reconnaître ces praticiens, recherchez :
Supervision : ils travaillent sous la supervision active d’un professionnel certifié BCIA et peuvent nommer leur mentor ;
Collaboration : ils collaborent avec des cliniciens diplômés, garantissant le respect du champ de pratique ;
Transparence : c’est ESSENTIEL. Ils sont ouverts sur leur parcours, leur formation et leurs limites. Ils ne gonflent pas leurs titres, ne s’attribuent pas de diplômes inexistants et ne présentent pas leurs lectures personnelles comme équivalentes à des études universitaires ;
Référence éthique : ils savent reconnaître quand les besoins d’un client dépassent leurs compétences et orientent vers d’autres professionnels.
La compétence découle de l’intégrité, de la supervision et de l’apprentissage continu — jamais de l’auto-proclamation ou de l’autorité inventée.
L’éthique de la pratique : la compétence avant le charisme
Les meilleurs praticiens n’ont pas besoin de promesses spectaculaires ni de marketing tape-à-l’œil : leur travail parle de lui-même.
Le neurofeedback exige humilité et respect : chaque cerveau est unique, et l’entraînement doit être personnalisé, fondé sur les données et l’expérience.
Les professionnels éthiques reconnaissent leurs limites, demandent conseil, et s’engagent dans une formation continue.
Ceux qui privilégient le gain financier à l’intégrité clinique mettent en danger non seulement leurs clients, mais la réputation de toute la discipline.
La (méta)perspective de Brendan
J’ai rencontré de nombreux professionnels bien intentionnés cherchant à ajouter le neurofeedback à leur pratique : enseignants, thérapeutes, coachs.
Bien formés, ces praticiens peuvent devenir remarquables. Mais il existe une différence entre enthousiasme et expertise.
J’ai aussi côtoyé d’anciens collègues ayant bâti leur carrière sur des connaissances empruntées et de fausses certifications — semant confusion et parfois préjudice.
Le neurofeedback, mal pratiqué, peut nuire. Le cerveau n’est pas un terrain de jeu : un praticien sans fondement solide peut réellement faire du tort.
Je me répète peut-être, mais c’est important : la compétence n’est pas de l’élitisme, c’est de l’éthique.
Ceux qui prennent ce travail au sérieux étudient, posent des questions, et abordent chaque séance avec humilité et respect pour la complexité du système nerveux.
Dans n’importe quel domaine — mais particulièrement en neurosciences — il est sain de dire : « Je ne sais pas. »
Méfiez-vous de quiconque prétend tout savoir.
Conclusion
Choisir un praticien en neurofeedback n’est pas une simple décision pratique : c’est une question de sécurité et de confiance. Recherchez la certification, l’expérience, la transparence, et un respect sincère pour la science. Évitez les raccourcis, l’arrogance, et les promesses de miracles.
Souvenez-vous : le neurofeedback n’est pas pour tout le monde, et il ne s’agit pas d’un traitement universel de première ligne. Un professionnel responsable sait quand poursuivre, quand faire une pause et quand référer ailleurs.
Bien pratiqué, le neurofeedback est transformateur. Mal pratiqué, il est dangereux. Votre cerveau mérite le premier.
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